Quand Madou devient Madouce...

Des oeuvres d'art pour sensibiliser à la place des femmes dans l'espace public

Dinsdag 8 september 2015 — Les femmes utilisent les espaces et les transports publics différemment des hommes, un aspect dont les autorités publiques doivent impérativement tenir compte. Deux études exploratoires publiées ce matin en présence de Pascal Smet, ainsi que les résultats de tables rondes, réalisées par Amazone - carrefour de l’égalité de genre, soulignent cet impératif. A l’aide de quatre œuvres d’art grandeur nature, les femmes investissent temporairement l’espace de la station de métro Madou.

Les femmes font, par exemple, du trip chaining. Elles effectuent donc de nombreux arrêts avant d’atteindre leur destination finale (du travail, vers la librairie, vers la poste, vers la maison). Ceci ressort des tables rondes organisées avec des habitantes de Saint-Josse-ten-Noode dont les résultats viennent confirmer les conclusions de la littérature scientifique.

Selon les dires de ces femmes, des transports en communs idéaux doivent tenir compte du fait qu’elles sont plus nombreuses à travailler à mi-temps, voyagent plus souvent durant les heures creuses et s’occupent majoritairement des fonctions de soins (avec des poussettes,…). Les tickets ne peuvent donc pas être trop chers (des formules combinées sont à développer) et les transports ne doivent pas être surpeuplés. En effet, une surcharge d’usagers accroît notamment les risques d’attouchements (intentionnels ou non). Elles ont également exprimé leurs besoins d’une communication claire afin d’informer rapidement la population de la marche à suivre en cas de problèmes.

De plus, les femmes demandent un bon éclairage des espaces publics et un contrôle social effectif. Elles plaident pour des quartiers plus vivants, avec des lieux de rencontres agréables et propres ainsi que des rues bien pensées. Ceci permettrait de briser la glace et favoriserait les contacts informels entre les différentes cultures, la solidarité et l’esprit de communauté.

Sur la base de ces découvertes, l’asbl Amazone recommande aux autorités et aux sociétés de transports d’appliquer le gender mainstreaming et de prendre les besoins des femmes en considération à toutes les étapes de leur politique. Les autorités fédérales belges et les communautés ont repris la législation relative au gender mainstreaming dans leurs politiques ainsi que dans leurs administrations. Toutefois à l’échelle de la Belgique, il n’y a qu’une poignée de communes et une seule province qui ont déjà signé la Charte pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale du Conseil des Communes et des Régions, par laquelle elles stimulent effectivement l’égalité de genre au niveau local.

Le ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics, Pascal Smet, a bien reçu les études d’Amazone. « Les espaces publics et les transports publics doivent être des endroits accessibles à tous et à toutes. Je tiens compte volontairement du « déclic genre » dans ma politique, en coordination avec la STIB, Bruxelles Mobilité et l’Agence du stationnement », rapporte le ministre Smet. « Je vais donc aussi reprendre les conclusions de ces deux études. Avec la STIB et Bruxelles Mobilité, nous regarderons quelles réalisations concrètes sont possibles. »

La facette participative de l’enquête avec les habitantes de Saint-Josse-ten-Noode a pu se réaliser avec le soutien de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) et la Région de Bruxelles-Capitale. A partir d’aujourd’hui, quatre d’entre elles sont présentes dans la station de métro Madou où leur portraits, réalisés par l’artiste Nora Theys, ornent les murs du quai. Les œuvres d’art ont été présentées au public par le ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics, Pascal Smet, et la Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale chargée de l'Egalité des Chances, Bianca Debaets.

Inauguration 0809 - Bianca Debaets, Pascal Smet & Nora Theys
©Université des Femmes
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